Osiris, les points clés de la conduite

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Le Ciref organise des rallyes pour montrer ses variétés en fin de développement. L’objectif de ces tours est d’amener les participants à être acteur de l’optimisation technique, à toucher du doigt la diversité des comportements d’une même variété pour mieux la comprendre. Le premier rallye de la saison a eu lieu en Lot-Et-Garonne, le 21 avril ; l’occasion de visiter trois parcelles d’Osiris conduites différemment.
Comme évoqué dans la précédente newsletter, Osiris, variété de jours courts du Ciref, montre des caractéristiques intéressantes en termes de rendement et de qualité commerciale.
Le fait d’observer trois positionnements totalement différents en termes de conduite culturale nous en apprend un peu plus sur les besoins de la variété. Très polyvalente, elle montre un bon potentiel de rendement, quel que soit l’itinéraire adopté : de 550 à 750 g/plant pour le premier jet. Cette année étant plutôt à tendance générative pour les plants, la vigueur en début de production est cruciale pour la construction d’un rendement intéressant, avec un bon maintien du calibre. C’est pourquoi, sur des cultures en trayplants de décembre, il apparait des différences selon la conduite.
Sur un itinéraire chauffé, l’arrivée en production d’Osiris, pourtant donnée assez tardive, s’est déroulée fin mars, quatre jours seulement après une ronde précoce. L’équilibre du plant est légèrement trop génératif, avec un fort potentiel mais une surface foliaire un peu faible. « Avec Osiris, on ne prend pas de risque par rapport à la variété actuelle : meilleur rendement, meilleure tenue en conservation, moins de fruits déformés… », témoigne Laëtitia Gimbert. Un éclairage supplémentaire sur cet itinéraire aurait pu aider à construire un meilleur équilibre de plant (avec plus de vigueur).
En conditions hors gel, la plante a eu du mal à démarrer à cause des conditions sombres de la fin d’hiver. Forte charge à venir, faible surface foliaire : l’équilibre était bas en début de saison. Les conditions lumineuses favorables d’avril ont réussi à débloquer la situation : élongation des pétioles et des hampes florales, sortie de nouvelles feuilles. La plante a ainsi réussi à s’équilibrer.
Contrairement à l’itinéraire chauffé, le retard d’entrée en production d’Osiris par rapport au témoin est bien marqué, sans déplaire au producteur, Guillaume Geneste : « Ce qui est intéressant avec Osiris, c’est qu’elle est complémentaire des rondes précoces : une fois le pic précoce passé, Osiris arrive en force. Je peux basculer ma main d’œuvre et combler le creux de production ».
La troisième parcelle visitée a été conduite sur un itinéraire mixte : en hors gel, le producteur a profité des quelques jours lumineux de février pour effectuer des relances de température le matin et un éclairage. « J’ai décidé d’éclairer seulement la moitié de la parcelle pour tester la réaction d’Osiris à l’éclairage » précise Thierry Cambe, désireux de trouver la conduite optimale de la variété qu’il commence déjà à bien connaître. Conséquence : très vite Osiris a réagi à l’éclairage, sortant hampes et feuilles. L’équilibre obtenu est très satisfaisant, le potentiel de rendement très prometteur et l’entrée en production avancée d’une semaine. Arrivera-t-on à dépasser le record d’1 kg par plant (10 kg au m²) de l’an dernier ?
L’impression globale à la suite des visites des parcelles d’Osiris est bonne : le fort potentiel de rendement est validé, le bon aspect visuel et la tenue en conservation également. Le goût, lui, sera mieux exprimé sur des parcelles dont les arrosages sont plus espacés, avec des sacs de substrat et des racines bien aérés.