Critères étudiés

Les critères étudiés au sein des programmes de recherche en appui à la création variétale au Ciref ont été choisis sur la base de discussions avec la filière professionnelle. Trois critères principaux ont été retenus : la floraison, la résistance aux maladies et la richesse en antioxydants. Tous ces caractères font intervenir plusieurs gènes, d’où la complexité des études.

La floraison

Fleurs de fraisiersLa maîtrise de la floraison du fraisier permettrait de gérer les périodes de production. Dans l’organisation des systèmes de production sur substrat (hors-sol), l’allongement de la période de production est le meilleur moyen d’augmenter le potentiel de rendement au niveau de la plante sans nuire à la qualité gustative du fruit. Chez le fraisier, il existe deux types de floraison affectant la durée de floraison. La floraison a lieu seulement une fois par an au printemps pour les fraisiers dits « de saison » et tout au long de la période de croissance, du printemps à l’automne, pour les fraisiers dits « remontants ». La floraison est étudiée en particulier au niveau de l’initiation florale (responsable du nombre d’inflorescences, et par conséquence du rendement en fruits) et de la remontée florale (capacité qu’a le plant de fleurir plusieurs fois).

 

La résistance aux maladies

La création de variétés de fraisier naturellement résistantes aux maladies permettrait de limiter l’utilisation des intrants phytosanitaires, qui sont de moins en moins homologués et incompatibles pendant la récolte (difficulté de gérer les Délais Avant Récolte) et qui favorisent la sélection naturelle de souches pathogènes résistantes. Le but est de produire une fraise de qualité sans résidus, respectueuse de l’environnement et d’en assurer le rendement. Trois des principales maladies du fraisier sont étudiées au Ciref : l’oïdium, l’anthracnose et la maladie du cœur rouge (Phytophtora cactorum).

L’oïdium

Fraise oïdiée

Dégats de l’oïdium sur une fraise

En France, l’oïdium est le premier problème parasitaire sur fraisier avec des dégâts pouvant aller jusqu’à 50% de la production, traduits par des rendements fortement réduits et de nombreux fruits classés comme déchets et donc invendables.

L’oïdium est causé par le parasite obligatoire Podosphaera aphanis, champignon qui se développe surtout en culture sur substrat (hors-sol), système de production de plus en plus incontournable pour gérer les pics de production, la fidélisation de la main d’œuvre ou les problèmes de fatigue des sols. Au Ciref, les dégâts d’oïdium sur feuilles et fruits en conditions naturelles sont notés.

 

 

L’anthracnose

Anthracnose fraise

Fig. 7 – Dégâts d’anthracnose sur fraise. Crédit photo INRA.

L’anthracnose est causée par le parasite Colletotrichum acutatum. Ce champignon crée d’importants dégâts en fraiseraies et en pépinières. Deux groupes de pathogénie et deux systèmes génétiques différents de résistance ont été mis en évidence. Au Ciref, pour le 1er groupe de pathogénie, des tests biologiques d’infection en conditions contrôlées sont réalisées. Pour le 2nd groupe de pathogénie, un marqueur moléculaire simple d’utilisation a été mis au point pour la SAM en routine.

 

La maladie du cœur rouge

Phytophtora fraisier

Fig. 8 – Dégâts causés par P. cactorum sur plant de fraisier. Crédit photo INRA.

La maladie du cœur rouge (Fig. 8), causée par le parasite tellurique Phytophtora cactorum, provoque la pourriture racinaire, l’altération de l’aspect et du goût de la fraise et le flétrissement voire la mort du plant de fraisier. Elle demeure surtout un problème en pépinière lors de la multiplication des plants de fraisier. Au Ciref, des tests biologiques d’infection en conditions contrôlées sont réalisées.

 

 

La richesse en antioxydants

La qualité du fruit est l’un des principaux objectifs de sélection des programmes de création variétale fraise au Ciref. En particulier, la richesse en antioxydants est un caractère recherché pour la haute qualité nutritionnelle qu’elle confère à la fraise. La fraise est en effet l’un des fruits les plus riches en antioxydants. Les antioxydants, en piégeant les radicaux libres causant des dommages cellulaires (Fig. 9), sont notamment reconnus pour réduire le vieillissement cellulaire, les risques de maladies cardio-vasculaires, de maladies dégénératives et de cancers chez l’homme.

Antioxydants

Au Ciref, les différentes familles d’antioxydants (vitamine C, anthocyanines, flavonoïdes, acides phénoliques) et la capacité antioxydante totale est mesurée par des dosages colorimétriques (Fig .11) ou par HPLC (Chromatographie en phase Liquide à Haute Performance).

Antioxydants dosage

Fig. 11 – Dosage colorimétrique des antioxydants de fraise.